Direction the Caribbean along Ruta 32: PART 1 San José [FR/EN]

En Francais

How I always remember it

In December San Jose is a cold and humid city. Large clouds full of humidity hang low over the city and grip the mountains circling it. Built over a hilly terrain, the deep rain gullies on the side of the roads barely absorb the strong rains hurtling down the slopes and flooding the streets. On the first day, I just walked under the rain, had black coffee with galletas and came home.

                The city itself is disturbing. Despite numerous stays I still cannot form a good mental map of San Jose. Urbanists tried to set up a system in this space divided in rectangular blocs, all seemingly the same. There are avenidas, from West to East, and calles from North to Sud. Odd numbers going up from the central avenidad or left of the Calle n°1, even numbers going down, or right. Simple in theory but in practice streets numbers never seem to follow. Even taxi drivers get lost.

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Walked up this street so many time, by the old hospital

                Public buses are similarly confusing. Buses are everywhere but inaccessible to the visitor, without numbers or network maps. The bus stops never indicate which buses stop there and where they go. Walking around is possible, but it is easy to get lost. Kind locals won’t hesitate to help you, but San Jose is a city where directions are given based on cardinal points. The answer you’ll get will probably be something like: “600 meters to the West, turn at the park to the south, for 500m, 4 blocs, stop at a red house etc”. Those who don’t know the city need to rely on taxistas, who also have a shady price systems and trafficked meters.

Hundreds of delicate pieces can be admired

On the second day I went to the Pre Columbian-Gold Musuem, half closed, but the collection there is so unique that I love it every time. It was just before Black Friday, and from the Plaza de la Cultura, I watched families doing shopping up and down the central Avenida. Streets vendors are everywhere selling you charger cables, underwear and socks, fresh products. Every day is a hustle. We ate fried chicken with coca cola, typical.

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(Imagenes Tropicales)

At night we took the taxi to go to Cali, the party district of the city, one street, 10 bars or so and a bunch of drunk people.  It is useless to hope for conversations because the music is so loud. Don’t forget your ID. We went to dance, spent as little as we could since no one had money, and came home. The rain had started again.

                Every time I come in San Jose, I stay at Dona Ellen’s. People say she was a school teacher who married an enterprising man who, at his death, left her three large houses in the Bosco neighbourhood, between calle 24 and calle 26. Customers were EARTH university students in majority who could come party in San Jose or meet with their lovers at a decent price. It wasn’t rare to run into a classmate with a pretty tica. Dona Ellen being old, the cleaning, logistics and surveillance are entrusted to a little lady who sees everything but says nothing. The only time I met the Lady, she commented on my taste for ‘negritos’, the friends with whom I stayed, and added with a little mystery that I was right, to my embarrassment.

                One time in 2016 I shared the house not with students, but with two siblings from Venezuela looking for work in Costa Rica. But the struggle was real and long. I saw clearly that for them each day gone without work was one day where savings diminished, where the family back home did not receive vital remittances. I will always remember their kindness, the shy despair imprinted on their faces and the ones of their people.

This time, I came back to find with sadness the streets of San Jose inhabited with hundreds of migrants, beggars, newly arrived from Nicaragua, fleeing Ortega’s repression and poverty. There is nothing sadder than those thrown on the streets, following a choice which is not really one, without home, without family, country lost forever maybe. Nothing behind them and everything behind, locked in an unattainable past, places with people from now on existing only in the dreams of those sleeping rough behind the Terminal Del Gran Caribe.

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                On the third day I left early and walked to the Terminal Del Gran Caribe, which unites all the buses going to the Caribbean, operated by the bus company Caribeños, with green buses. It is the entry and exit point of the city for me, and it is where my trip started today, which was going to take me slowly to Panama. One ticket to Pocora: around 1400 colones.

Direction Caraibes

How I always remember it

San José est une ville froide et humide en décembre. De gros nuages gorgés d’humidité pendent bas sur la ville et s’accrochent aux montagnes qui l’encerclent. Construite sur un terrain vallonné, les drains profonds creusés le long des routes peinent à aborder les pluies abondantes qui dévalent les pentes et inondent les rues. Le premier jour j’ai juste marché sous la pluie vers, ai bu un café noir avec deux biscuits et suis rentrée chez moi.

La ville elle-même est déroutante. Malgré de nombreuses visites, je n’arrive pas à former une carte mentale fiable de cette ville. Les urbanistes ont tenté d’instaurer un système pour se repérer dans cet espace divisé en blocs rectangulaires, qui se ressemblent tous plus ou moins. Il y a des avenidas, de ouest en est, et des calles du nord au sud. Les chiffres impairs en haut en partant de l’avenida centrale, ou à partir de la gauche de la Calle 1, les chiffres pairs en bas, ou à droite. Simple en principe mais les numéros des avenues et rues ne semblent jamais se suivre. Même les taxis se perdent.

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J’ai remonté cette rue, Avenida Centrale tant de fois

Les bus publics de la ville sont à la mesure de la confusion de la numérotation des rues. Les bus sont partout mais impénétrables au visiteur, sans numéros de lignes ou carte du réseau. Les arrêts n’indiquent ni les bus qui s’y arrêtent, ni leurs directions. Se déplacer à pied est possible, mais l’on se perd facilement. Les habitants bienveillants n’hésiteront pas à vous venir à l’aide, mais San José est une ville où les directions sont données en se référant aux points cardinaux. La réponse que vous obtiendrez sera sans doute quelque chose comme « continuez 600m à l’ouest, puis bifurquez au parc vers le sud, pour 500m, 4 blocs, arrêtez-vous à la maison rouge etc ». Celui qui ne connait pas la ville doit se reposer sur les taxistas, qui ont aussi un système de prix opaque et des compteurs souvent trafiqués.

On peut admirer des centaines d’artifacts délicats en or

Le deuxième jour, je suis allée au musée de l’Or précolombien, qui était à moitié fermé pour travaux, mais les collections là-bas sont si uniques que j’aime y aller à chaque fois. C’était juste avant le Black Friday et assise sur la Plaza de la Culture, je voyais les familles faisant du shopping le long de l’Avenida Centrale. Les vendeurs de rues sont partout, avec des câbles de chargeurs, des sous-vêtements et des chaussettes, des produits frais. C’est le royaume de la débrouille. J’ai retrouvé des amis et nous sommes allé manger du poulet fris avec du coca, typique.

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(Imagenes Tropicales)

Le soir nous avons pris le taxi pour descendre à Cali, une rue avec une dizaine de bars et beaucoup de gens ivres. Il est inutile d’espérer avoir une conservation tant la musique est forte. Ne pas oublier sa carte d’identité surtout. Nous sommes allés danser, en dépensant le moins possible car personne n’a trop d’argent, avant de rentrer chez nous. La pluie avait recommencé.

  A chacune de mes visites, je descends chez Dona Ellen. A ce que l’on raconte, elle était une professeure d’école qui avait fait un bon mariage avec un homme entreprenant qui, à sa mort, lui avait laissé trois maisons dans le quartier de Bosco, entre la calle 24 et la calle 26. La clientèle consiste en grande majorité des étudiants de l’université EARTH qui peuvent donc venir faire la fête à San José ou y rejoindre leurs amants à un prix décent. Il n’est pas rare de retrouver son camarade de classe en compagnie d’une charmante tica. Dona Ellen étant âgée, le nettoyage, la gestion et la surveillance des maisons sont assurés par une petite bonne femme qui voit tout, mais ne dit rien. La seule fois où je rencontrai la Dame, elle commenta mon goût pour les ‘negritos’, les amis avec qui je restais, et ajouta avec un petit air de mystère que j’avais bien raison, à mon grand embarras,

Une seule fois en 2016, je partageais la maison non avec des étudiants, mais avec un frère et une sœur vénézuéliens venus chercher du travail au Costa Rica. Mais les barrières étaient nombreuses, je voyais bien que chaque jour passé sans travail était un jour où les économies diminuaient et où la famille ne recevait pas un argent indispensable. Je me souviendrai toujours de leur gentillesse, et le désespoir timide imprimée sur leurs visages, propre à leur peuple.

Cette fois à mon retour, je trouvai avec tristesse les rues de San José nouvellement peuplées de migrants, mendiants, nicaraguayens fuyant la répression d’Ortega et la pauvreté par centaine. Il n’y a rien de plus déchirant que ces gens jetés sur les routes, par un choix qui n’en est pas vraiment un, sans maison, sans famille, leur patrie perdue à jamais peut-être. Rien devant eux et tout derrière, prisonnier d’un passé inaccessible, des lieux avec des personnes qui n’existent plus que dans les rêves la nuit sur les cartons derrière le Terminal Del Gran Caribe.

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Le troisième jour je suis partie tôt pour marcher jusqu’au Terminal Del Gran Caribe, qui concentre tous les bus vers la région Caraïbes, opérés par la compagnie Caribeños, aux bus verts. C’est le point d’entrée et le point de sortie de la ville pour moi et c’est là qu’aujourd’hui commencé mon voyage début décembre, qui m’emportera doucement jusqu’au Panama. Un billet pour Pocora : environ 1400 colones.